La Cité des arts de Rio de Janeiro projet Lauréat 2014

La Cité des arts de Rio de Janeiro réalisée par Christian de Portzamparc.

GRAND PRIX AFEX 2014

Le Grand Prix AFEX 2014 de l’architecture française dans le monde a été décerné à la Cité des arts de Rio de Janeiro réalisée par Christian de Portzamparc.
PAUL ANDREU a reçu un prix spécial du jury pour l’ensemble de son Oeuvre en Chine.


Le palmarès 2014

  • Grand Théâtre - Jinan - Chine - PAUL ANDREU avec RICHEZ_ ASSOCIES 
  • Centre de la mode - Shanghai - Chine - ARTE CHARPENTIER  
  • Théâtre National - Manama - Bahreïn - AS. ARCHITECTURE-STUDIO
  • Lycée français - Amman - Jordanie - AW²
  • Orphelinat - Dialakoroba - Mali - F8 ARCHITECTURE 
  • Musée - Volubilis - Maroc - KILO ARCHITECTURES 
  • Tours de logements - Monte-Carlo - Monaco - JEAN-PIERRE LOTT  
  • Pont sino-singapourien - Tianjin - Chine - MARC MIMRAM 
  • Cité des arts - Rio de Janeiro - Brésil - CHRISTIAN DE PORTZAMPARC 
  • Tour Maroc Télécom - Rabat - Maroc - JEAN-PAUL VIGUIER

Projet Lauréat

GRAND PRIX AFEX 2014

Cité des arts - Rio de Janeiro - Brésil  

CHRISTIAN DE PORTZAMPARC


Cité des arts - Rio de Janeiro - Brésil
CHRISTIAN DE PORTZAMPARC

Au terme d’une aventure de 12 ans longue et compliquée, Christian de Portzamparc a offert à Rio un bâtiment culturel majeur. Un hommage à l’architecture brésilienne de béton revisité par les formes si particulières de l’architecte français. Un genre de défi personnel, humain, technologique. Un monument urbain aussi qui émerge avec force et élégance d’un rond-point peu amène, et offre, au moment du passage de la ville à l’architecture, des cadrages inoubliables sur les paysages maritimes et montagneux alentours. MH

 « J’ai voulu que ce bâtiment ait une présence forte et visible, visible de loin, et je l’ai donc élevé à 10 mètres pour qu’il semble flotter sur un jardin de mangrove que nous avons développé avec Fernando Chacel. Depuis cette hauteur, le visiteur, comme depuis un belvédère, peut s’approprier visuellement le large panorama qui s’offre à lui, avec ses longues chaines de montagne, d’un côté, et la ligne de l’océan, de l’autre côté.

Conçu pour offrir des concerts et des opéras de grande qualité, la salle principale a les caractéristiques du théâtre shakespearien, avec des parois latérales recouvertes de loges installées dans des petits bâtiments verticaux, comme des tours, ce qui permet au public du parterre et à l’orchestre d’avoir un espace plus vaste que dans les salles bordées de balcons en gradins.

Chaque spectateur doit sentir la présence du public, mais en même temps, se sentir seul, voir, entendre et vivre le moment musical.

Pour devenir opéra, les tours situées derrière la scène sont déplacées sur coussin d’air pour laisser libre les scènes latérales et l’arrière scène.

Une partie du public laisse la place à la fosse d’orchestre. Le plafond est abaissé. Le cadre de scène est refermé. L’opéra est prêt à fonctionner.

J’avais imaginé quelque chose de très sculptural, un grand insecte sur pattes, un peu perché, parce que je voulais accueillir et faire vivre les gens à 10 mètres de haut.

Pas un insecte trop bavard, mais un symbole, le symbole d’une demeure publique, ouverte, d’une terrasse, d’un toit. C’est ainsi que je suis arrivé au concept de la véranda et du volume perforé, traversé de transparences. 

Je cherche toujours à créer des lieux dans lesquels on ne se sente pas enfermé, des lieux où l’on retrouve ce côté qui fait qu’on avance forcement, parce qu’on va découvrir ce qui est plus loin, et une fois qu’on a vu, on avance encore plus loin… si on se retourne, on va découvrir qu’on est ailleurs dans l’espace. 

Les endroits où l’on se retrouve en relation avec l’espace entier, dans une intimité, sont toujours des endroits merveilleux. » 

Christian de Portzamparc


CITÉ DES ARTS

7 niveaux / 93 000 m2
1 salle philharmonique / 1 800 places ou salle de théâtre / 1 400 places
1 salle de musique de chambre, jazz et musiques du monde / 500 places
10 salles de répétition / 1 médiathèque musicale / 1 bibliothèque municipale
3 salles de cinéma / 1 conservatoire de musique / 1 restaurant / 2 cafés


Prix Spécial du Jury

PAUL ANDREU pour l’ensemble de son œuvre en Chine

Opéra de Pékin, Paul Andreu © photo Lance McMillan

L'Oriental art center © Paul Andreu avec ADPi et ECADI

PAUL ANDREU ET LA CHINE

« Comme architecte, la Chine m’a offert la possibilité de créations immenses, dans des domaines très variés. J’y suis venu d’abord pour étudier la première phase de l’aéroport de Pudong à Shanghai. C’était la suite logique d’une très longue période passée à concevoir des aéroports, celui de Roissy en France d’abord, bien d’autres encore dans le monde. Très vite ensuite, j’ai enchaîné avec des bâtiments publics, théâtres, stade, musée, ensembles administratifs dans beaucoup des plus grandes villes du Pays. 

De tous ces ouvrages, l’Opéra de Pékin, construit au centre de la ville, près de Tien An Men et de la Cité interdite, aura été le plus important. Le plus difficile aussi, dix ans de travail, un voyage à Pékin tous les mois…. Celui qui m’aura aussi lié profondément à la Chine. Celui qui a le plus compté dans ma carrière avec la première aérogare de Roissy. 

Pourquoi la Chine, c’est simple, pour cela, pour son élan à se développer, pour les chances qu’elle m’a données, pour ce que j’ai pu y faire et que je n’aurais fait nulle part ailleurs. 

Bien sûr les barrières étaient nombreuses, techniques, culturelles. La langue, oui, la langue surtout. Il n’aurait servi à rien de la baragouiner. Elle structure la pensée, la perception de l’espace…Il faut arriver à se comprendre autrement… Je dois remercier ceux de mes interlocuteurs, Wan Sequian en particulier qui dirigeait la maîtrise d’ouvrage de l’Opéra, qui ont tant fait pour que nous y parvenions. Avec eux, même si je n’ai plus l’occasion de les rencontrer, je garde des liens personnels : ils sont, pour moi, la Chine que j’aime, à la fois cultivée et ouverte. 

Après cela ? Eh bien je continue. La raison de ma réussite dans le monde ? Je n’en vois qu’une, le travail. Le travail au service d’un besoin sans fin de création. J’ai la conviction intime que la création est ce qui nous permet de vivre, qu’elle n’est qu’une, artistique, littéraire, scientifique, qu’importe, qu’elle se développe comme un buisson qui lance ses tiges à partir d’un même réseau de racines. Alors, en même temps que je continue à faire de l’architecture, j’écris des essais, des romans, et je recommence à peindre. 

Il n’y a rien de si bon que de redevenir - que d’être - un débutant. »
Chicago 12.03.2014